Le climat d'angoisse, en raison de la crise profonde qui pèse sur la majeure partie de la population, s'étend aujourd'hui aux collectivités avec cette annonce faite par Nicolas Sarkozy, de suppression de la taxe professionnelle.

Le Président de la République en amputant les recettes des collectivités territoriales de 29 milliards d’euros, sans proposer un réel impôt économique de remplacement, ne va pas redonner un coup de pouce à la croissance. Bien au contraire! Les collectivités vont stopper et geler leurs investissements en attendant que le paysage de cette annonce se dégage.


Cette décision est un mauvais coup porté aux collectivités territoriales. Soit cette taxe n’est pas remplacée, auquel cas les collectivités n’auront d’autre option que de reporter sur les ménages la fiscalité qu’elles ne prélèvent plus sur les entreprises, or on connait tout l’archaïsme de la taxe d’habitation. Soit l’Etat compense aux collectivités par une dotation, en creusant son propre déficit, et c’est à nouveau une limitation de l’autonomie fiscale des collectivités.


En fait, ce qui se cache derrière cette mesure, c'est légitimer la prochaine réforme de l’organisation territoriale de la République pour mettre au pas les collectivités. Celles-ci sont désormais les boucs émissaires de l’incapacité de l’Etat à se réformer et à agir réellement sur les déficits publics.


Se pencher sur une fiscalité écologique et une réelle redistribution des richesses serait plus convaincant.